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Accueil > Actualités > Archives des actualités > Actualités 2009 > Manifestation du 11 mars : lacrymogènes à Strasbourg

Manifestation du 11 mars : lacrymogènes à Strasbourg

La manifestation du 11 mars à Strasbourg, qui a réuni entre 2000 et 3500 personnes contre les réformes en cours dans l’enseignement supérieur, la recherche et l’éducation, s’est terminée sous les gaz lacrymogènes.

Une bonne moitié des manifestants ont poursuivi leur route après avoir atteint le point final du parcours prévu avec la préfecture, et qui n’avait pas été communiqué par les organisateurs.

Arrivés dans la rue du Maire Kuss, qui fait face à la gare de Strasbourg, les manifestants ont été bloqués par la police qui a fait usage de bombes lacrymogènes sans avoir émis le moindre avertissement. La rue, très encaissée, a été noyée dans un nuage de gaz durant un bon quart d’heure. Les passants ont été pris au dépourvu et gazés au même titre que les manifestants, dont certains étaient accompagnés de leurs enfants.

Voir une vidéo de ce triste épisode.

Une lettre officielle de protestation est en préparation contre ces méthodes inadmissibles.

On se souvient de l’intervention des CRS sans sommation et avec gaz lacrymogènes le jour de la venue de Mme Pécresse le 5 février dernier, qui avait également fait l’objet d’une protestation officielle. M. Le préfet ne semble pas sensible à ces courriers...

V. Bertrand

Témoignage d¹une enseignante de l¹’Université de Strasbourg sur les
violences des forces de l’ordre lors d’une manifestation des
enseignants-chercheurs mercredi 11 mars

Aujourd’hui, une nouvelle manifestation pour protester contre les
réformes de l’Enseignement Supérieur ­ qui sont élaborées dans le
mépris, le mensonge et la non-concertation ­ s’est déroulée dans les
rues de Strasbourg. Le défilé qui rassemblait des
enseignants-chercheurs, des chercheurs, des étudiants, s’est déroulé
sans aucune violence jusqu’à ce que nous rencontrions les forces de
l’ordre. Certes, la manifestation aurait dû s’arrêter place Kléber et
j’étais surprise de constater qu’elle se prolongeait au-delà. Etait-ce
une raison suffisante pour déployer tant de violence ?

Arrivée rue du Maire Kuss, j’aperçois au loin les forces de l’ordre qui
barrent l’extrémité de la rue. Je continue à avancer parmi la foule
pacifique. Les forces de l’ordre n’ont pas attendu longtemps pour
lancer des grenades de gaz lacrymogènes, gazant non seulement les
manifestants, mais aussi les passants (dont des personnes âgées) et les
commerçants. J’espère au moins qu’il n’y avait pas d’enfants en bas
âge. La rue n’est pas très large et très vite la peur et la panique
s’installent alors que nous essayons de courir dans l’autre sens. Mes
yeux pleurent, ma gorge brûle mais j’ai surtout l’impression que je
vais étouffer. Je n’arrive plus à respirer et il est difficile
d’avancer à cause des étudiants et des passants aveuglés qui peinent à
courir. C’est la bousculade et j’ai très peur que dans la panique des
personnes se fassent écraser. Les gaz progressent plus vite que nous et
ce n’est que sur le quai Saint Jean que je peux enfin respirer un air
sein, tout en me retenant de vomir. Si j’avais été bloquée plus
longtemps dans ce nuage de gaz, je crois que j’aurais été au bord de
l’asphyxie. Après avoir repris mes esprits, je constate avec étonnement
que les forces de l’ordre ne barrent plus la rue et une partie des
manifestants, choquée, se retrouve alors sur la place de la Gare.
Pourquoi avoir lancé des gaz lacrymogènes dans la rue pour ensuite nous
laisser passer ? Dans l’incompréhension et avec encore quelques
nausées, je quitte la manifestation, en espérant qu’il n’y aura pas
d’autres débordements, de quelque côté qu’il soit.

D. Fellague, enseignante à l’Université de Strasbourg en archéologie classique.

Source : Mediapart

Point sur les autres manifestations dans toute la France

Dernière mise à jour le 18-03-2009

Mots-clés

Recherche et enseignement supérieur

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