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Accueil > Actualités > Archives des actualités > Actualités 2009 > Motion du congrès de l’Université de Strasbourg

Motion du congrès de l’Université de Strasbourg

Le congrès de l’université de Strasbourg demande le retrait des projets de textes et
décrets affectant la communauté universitaire dans son ensemble (enseignement
supérieur et recherche).

Le principe qui doit porter la définition des services et de ses éventuelles
modulations est celui de l’égalité fondamentale des missions dans leur dignité et leur
complémentarité. L’objectif ne sera pas la recherche d’économies budgétaires, mais
le développement de la recherche et de l’enseignement au sein de l’université. Les
suppressions de postes sont totalement incompatibles avec cet objectif. Les moyens
doivent donner la possibilité de mettre en oeuvre ces mesures avec équité. La
modulation des services ne peut pas être imposée. Elle doit, dans le respect des
intérêts individuels et collectifs, procéder de critères objectifs notamment par une
évaluation de toutes les missions et services. Si modulation il doit y avoir il faut
impérativement commencer par fixer un plafond et un plancher pour chaque mission
à partir d’un volume d’heures. C’est pourquoi le congrès exige le retrait du projet de
décret sur le statut des EC en préalable de toute négociation. Il réaffirme son
attachement au statut et à la mission nationaux du CNU.

Le congrès de l’UdS s’oppose à une utilisation de nouveaux outils de critérisation
des moyens dans une logique uniquement comptable impliquant la suppression
d’emplois biatos. L’UdS s’engage à ne pas s’orienter vers une précarisation de
l’emploi des personnels, toutes catégories confondues, et à défendre les statuts de la
fonction publique d’État dans l’enseignement supérieur. La répartition des moyens
pour la formation et la recherche réellement constatée est contradictoire avec les
priorités que le ministère fixe aux universités. Le congrès demande que la
critérisation et la répartition des moyens soient revues dans une véritable
concertation fondée sur la prise en compte des spécificités de toutes les
composantes (UFR, IUT, écoles).

Le projet de réforme de mastérisation de la formation aux métiers de l’enseignement
suscite inquiétude et désarroi dans la communauté universitaire tant par la manière
dont elle est conduite, que par son contenu. Le congrès, sans être hostile au principe
d’une mastérisation, demande le retrait de ce projet qui précarise les futurs
enseignants et dissocie formation à l’enseignement et formation à la recherche.
Aucune maquette ne sera remontée dans ces conditions. Le congrès manifeste sa
solidarité avec les enseignants de l’IUFM, et affirme son attachement aux concours
nationaux et au caractère universitaire de la formation aux métiers de
l’enseignement. Il reconnaît la compétence et la légitimité de l’IUFM au sein de la
communauté universitaire. La formation des enseignants doit se fonder sur une
formation disciplinaire forte cohabitant avec une formation professionnelle incontestée. Le congrès constate que l’échéance de la rentrée 2009 est caduque. Il
attire l’attention sur les inquiétudes des étudiants engagés dans la préparation des
concours et refuse l’envoi de propositions sans un nouveau cadrage national.
Aucune réforme ne se fera sans concertation. À titre conservatoire, le congrès
demande le maintien des concours dans leur forme actuelle.

La recherche fondamentale est au centre du projet universitaire ; elle vivifie
l’enseignement, teste les limites de la connaissance et nourrit toutes les missions de
l’université. Cette recherche fondamentale contribue aussi de manière essentielle et
non directement programmable à l’innovation et aux transferts de savoirs vers la
société et l’économie. Le congrès réfute avec fermeté les propos de stigmatisation
tenus par le Président de la République. Les chercheurs sont les premiers à mettre
en oeuvre une évaluation interne et externe collégiale sans complaisance. Le
congrès s’inscrit en faux contre la manière dont la situation de la recherche est
présentée à l’opinion publique.

Le congrès rappelle son attachement à la notion de service public et à la valeur
universelle de la recherche. Il demande l’arrêt de la déstructuration des organismes
de recherche, l’arrêt de la diminution des moyens, afin de maintenir la présence de
l’université sur tous les champs de la connaissance.

Le congrès attache une importance particulière à la situation des jeunes chercheurs.
Le chantier du contrat doctoral, intéressant dans son principe et sur certaines de ses
propositions, doit cependant être repris ; dans cette perspective, un réel effort doit
être fait au niveau national en direction des disciplines sous-dotées.

Le congrès réaffirme la nécessité à la fois de développer la recherche fondamentale
et la recherche appliquée au service de l’intérêt général. Sans remettre en cause le
principe d’une agence d’évaluation indépendante, le congrès demande la présence
en son sein de membres élus ainsi qu’une amélioration des modalités de
fonctionnement.

La position adoptée par le congrès de l’Université de Strasbourg exprime la volonté
de la communauté universitaire d’impulser une nouvelle dynamique au service de la
formation des étudiants, du développement de la recherche et de l’intérêt général.
S’inscrivant dans le mouvement de mobilisation nationale, le congrès accompagne
son rejet des projets de réforme actuel de propositions concrètes dans tous ces
domaines. En cette période de crise économique et sociale, l’investissement dans
l’Université avec comme finalités le développement des connaissances et un
renforcement de la qualité des formations est l’une des meilleures réponses que l’on
puisse apporter au service de l’intérêt général.

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Dernière mise à jour le 20-02-2009

Mots-clés

Recherche et enseignement supérieur

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