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Accueil > Actualités > Archives des actualités > Actualités 2008 > Remise des titres de Docteur honoris causa

Remise des titres de Docteur honoris causa

Le vendredi 13 juin à partir de 9H30 aura lieu la cérémonie de remise des titres de Docteur honoris causa et des diplômes de l’ULP promotion 2007. A cette occasion, La mathématicienne Dusa McDuff sera nommée Docteur honoris causa.

Dusa Mc Duff est professeure de l’Université de new York à Stony Brook.

Dusa McDuff est née à Londres le 18 octobre 1945. Sa rencontre avec un professeur de mathématiques exceptionnel lors de sa scolarité n’est pas étranger au fait qu’elle ait « toujours voulu devenir mathématicienne ». Dusa choisit de commencer ses études à l’université d’Edimbourg où elle obtient une licence de mathématiques avant de partir à Cambridge entamer son doctorat en 1970. Elle y travaille sur des questions d’analyse fonctionnelle, une branche des mathématiques qui analyse les espaces de fonctions. En étudiant une famille particulière d’espace de fonctions, les algèbres de von Neumann, elle démontre que certains facteurs qui les composent peuvent avoir une infinité de types différents. Cette démonstration est publiée dans l’un des plus prestigieux journaux de sa discipline : Annals of Mathematics. Pendant son doctorat, Dusa a l’occasion de passer six mois à Moscou, son mari devant s’y rendre pour ses études. Ce séjour s’avère déterminant pour la suite de sa carrière car elle y rencontre un grand mathématicien spécialiste d’analyse fonctionnelle : Israël Gelfand. Dans son séminaire il établit des relations entre différents domaines des mathématiques, donnant à Dusa McDuff une vision plus globale de son sujet. Grâce à lui, elle se met à l’étude de la topologie, une généralisation de la géométrie, qui étudie certains types d’espace dans leur globalité en proposant notamment des méthodes pour les classer. En 1972, elle obtient un poste de « lecturer » à York et commence à travailler avec Graeme Segal sur les espaces classifiants des feuilletages. A cette époque, et encore aujourd’hui, être une femme mathématicienne de haut niveau est plutôt difficile. Mariée et mère d’un enfant, il n’est pas aisé de concilier vie de famille et recherche. Mais l’exemple de sa mère, architecte de formation ayant sacrifié sa carrière, toujours très présent, lui donne la force de faire face. L’année qu’elle passe au Massachusetts Institute of Technology en 1974 est décisive. Pour la première fois, elle prend conscience de ses réelles capacités en mathématiques. Pour la première fois, elle rencontre d’autres mathématiciennes avec qui parler. Elle prend confiance en elle et pose sa candidature à l’Institute for Advanced Study de Princeton. Admise dans cet institut, elle trouve une nouvelle idée mathématique sur le théorème de complétion des groupes, la développe et publie un article avec Segal.
De retour en Angleterre en 1976, Dusa obtient un poste à Warwick. Elle se sépare de son mari. Deux ans plus tard, elle démissionne de ce poste permanent pour un poste provisoire à Stony Brook qui la rapproche du mathématicien John Milnor, médaille Fields dans les années 1950, avec qui elle se mariera quelques années plus tard. Bien décidée à ne pas compromettre son métier comme l’avait fait sa mère, elle reste à Stony Brook alors que John Milnor est en poste à Princeton. Durant cette période, elle commence à travailler en topologie symplectique. Peu à peu ses travaux commencent à être reconnus. Au cours d’un semestre sabbatique à Paris en 1983, Dusa étudie les travaux de Gromov sur les méthodes elliptiques. Cela deviendra la base de presque tout son travail ultérieur. En 1984, elle est nommée professeur à Stony Brook. En 1991, elle reçoit le prix Satter de l’American Mathematical Society. Trois ans plus tard, elle est élue membre de la Royal Society of London puis de la National Academy of Sciences en 1999.

Dusa McDuff est venue à l’Université Louis-Pasteur comme professeure invitée en 1991. Elle a de nombreux contacts avec le groupe de géométrie symplectique pour lequel elle est une importante source d’inspiration. Mathématicienne passionnée, Dusa est réputée pour la clarté de ses propos tant dans ses cours que lors de discussions informelles, par exemple avec de jeunes chercheurs pour qui elle reste très disponible.
Outre ses remarquables contributions à la recherche mathématique et ses engagements dans l’enseignement et dans la responsabilité de tâches d’administratives, Dusa, qui a été été beaucoup aidée dans sa vie par le mouvement féministe tant moralement que sur le plan pratique, a mené de nombreuses actions dans plusieurs groupes de « Femmes et mathématiques » pour promouvoir les études scientifiques auprès des jeunes femmes.

Dernière mise à jour le 19-06-2008